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Fév
16
sam
Exposition « Patate » d’Elise Carron, Céline Domengie, Babeth Rambault et Jean-Paul Thibeau @ La cuisine, centre d'art et de design
Fév 16 @ 10 h 30 min – Mai 11 @ 17 h 00 min
Exposition "Patate" d'Elise Carron, Céline Domengie, Babeth Rambault et Jean-Paul Thibeau @ La cuisine, centre d'art et de design

Quatre artistes, Elise Carron, Céline DomengieBabeth Rambault et Jean-Paul Thibeau, explorent chacun à leur manière les potentialités de la pomme de terre. Ils proposent ici une aventure artistique, une enquête partagée, des récits, des expériences, des pratiques à partir de cet aliment : la manière de le cuisiner, son histoire, son imaginaire.

Non sans humour, l’exposition se présente comme un terrain, une parcelle, un atelier d’artiste où les choses se pensent, se font, se défont et se ratent aussi. Des mouvements, des actions, des textes, des paroles et des borborygmes semble s’y auto-engendrer. Objets, sculptures, vidéos, photographies composent ainsi une sorte de fable de réflexions prosaïques, artistiques et philosophiques autour de la pomme de terre.

Parce qu’après tout, la patate, c’est le motif, la forme la plus humble et la plus universelle. N’importe qui peut reconnaître ce tubercule simple, oblongue ou rond. Sa représentation dans l’histoire de la peinture marque aussi une révolution comme présentation d’un objet ou d’une culture prosaïque : « la récolte des Pommes de terre » dans « L’Angelus de Millet », « Les mangeurs de pommes de terre » de Van Gogh, etc. Et dans l’art contemporain elle garde toujours une actualité particulière. Enfin, c’est l’aliment de base qui par son importation et sa culture a sauvé maintes populations de la famine.

Chose transitive, elle est objet de multiples migrations. Sa forme archaïque et irrégulière, aux contours souples, est porteuse d’associations esthétiques, poétiques, créatives, culturelles et politiques.

Avec une œuvre invitée : « L’alambic DIY » de Quentin Destieu.

Avr
13
sam
Exposition « En dérive » – Șerban Savu @ Centre d'art Le Lait
Avr 13 @ 14 h 00 min – Juin 23 @ 19 h 00 min

Șerban Savu – En dérive
Du 13 avril au 23 juin 2019. Vernissage le 12 avril à 18h30

Şerban Savu (né en 1978 à Sighisoara (Roumanie) ; vit et tra­vaille à Cluj-Napoca (Roumanie)) appar­tient à un groupe d’artis­tes rou­mains ins­tallé à Cluj-Napoca, une ville uni­ver­si­taire de Transylvanie non loin de la Hongrie, aujourd’hui consi­dé­rée comme la capi­tale artis­ti­que rou­maine. Sous l’impul­sion de cette bande d’amis s’est en effet déve­lop­pée là-bas une scène extrê­me­ment dense, qui compte dans ses rangs des figu­res aujourd’hui inter­na­tio­na­le­ment reconnues, telles qu’Adrian Ghenie, Victor Man ou Ciprian Muresan.

Les pein­tu­res figu­ra­ti­ves de Şerban Savu repré­sen­tent la plu­part du temps de vastes pay­sa­ges post-indus­triels, dans les­quels les pro­ta­go­nis­tes se pro­mè­nent, nagent et se livrent à des acti­vi­tés quo­ti­dien­nes. Elles dépei­gnent majo­ri­tai­re­ment des per­son­nes soli­tai­res, cap­tu­rées à mi-dis­tance, iso­lées et concen­trées sur une action spé­ci­fi­que. Quant aux scènes d’inté­rieur, elles dévoi­lent des per­son­na­ges igno­rant notre regard, absor­bés dans leurs tâches. Il en résulte une série d’ins­tan­ta­nés poi­gnants, qui révè­lent sub­ti­le­ment la psyché des rou­mains « ordi­nai­res », alors que le pays connaît de fré­quents bou­le­ver­se­ments poli­ti­ques et économiques.

Şerban Savu offre un regard cri­ti­que de ces pay­sa­ges. En effet, le déca­lage entre le trai­te­ment pic­tu­ral, qui magni­fie l’ensem­ble – notam­ment par un tra­vail très précis sur la lumière –, et la vanité des scènes repré­sen­tées donne à ces pein­tu­res un ton désa­busé. Ses œuvres évoquent à la fois les toiles des Impressionnistes de la fin du 19e siècle, mais font également écho aux œuvres de Jean-François Millet, Pieter Bruegel ou Edward Hopper, dans cette faculté à cap­tu­rer un moment sin­gu­lier, à sus­pen­dre le temps pour un court ins­tant.
Ces pein­tu­res témoi­gnent également d’une époque aujourd’hui révo­lue, et évoque les rêves de l’utopie com­mu­niste : ces pay­sa­ges urbains, qui sem­blaient ouvrir la voie à un avenir radieux, sont en quel­ques années deve­nus des reli­ques. Ce sont ces deux pério­des de l’his­toire qui se mêlent et se confron­tent dans les com­po­si­tions de Şerban Savu, des emblè­mes de pro­mes­ses pas­sées et des scènes de la réa­lité actuelle.

L’expo­si­tion au LAIT, inti­tu­lée « En dérive », ras­sem­ble des œuvres pro­dui­tes par Şerban Savu durant les douze der­niè­res années, dont cer­tai­nes font écho au contexte local, et notam­ment au tra­vail d’Henri de Toulouse-Lautrec.

En amont de son expo­si­tion à Albi, Şerban Savu est invité par le Centre Pompidou à y expo­ser son tra­vail. Ce projet, mené avec son com­pa­triote Ciprian Muresan, s’arti­cule autour de Constantin Brancusi, figure tuté­laire de la scène artis­ti­que rou­maine.

Centre d’art Le Lait
28 rue Rochegude
Du mer­credi au diman­che de 14h à 19h
Fermé les jours fériés

Entrée libre et acces­si­ble à tous

À l’occa­sion de l’expo­si­tion de Şerban Savu au centre d’art contem­po­rain Le Lait sera également publié un livre, à la fron­tière entre cata­lo­gue rétros­pec­tif et livre d’artiste. Richement illus­trée et ponc­tuée de divers textes et entre­tiens, cette publi­ca­tion aborde sous un angle nou­veau le tra­vail de Şerban Savu, en offrant une mise en pers­pec­tive de son œuvre pic­tu­rale avec dif­fé­rents textes du poète amé­ri­cain Philip Levine, qui porte dans ses poèmes un regard unique sur le monde ouvrier amé­ri­cain.
Une co-édition entre IDEA Design + Print, Cluj, la gale­rie Plan B Cluj/Berlin et le centre d’art contem­po­rain Le Lait, Albi